mercredi 31 mai 2023

test pelissier

Le 100km

Mes premiers pas dans l'ULTRA.
Après m'être aligné sur une quarantaine de marathons en 7ans, le désir, toujours grandissant de voir au-delà des 42,195km me fit franchir le pas vers le 100km.
« MILLAU » : La Mecque du centbornard, la fête, la convivialité. Sans vraiment d'entraînement spécifique (80km/semaine) je m'engage pour la 25ème édition le 28 septembre 1996. Comme à mon habitude, tout au feeling : ça va, on accélère, et quand ça tire, et bien on ralenti, et on alterne course/marche. Mon atout principal est d'avoir mon épouse comme accompagnatrice à vélo.
Résultat : 11h34'44''. Heureux et conquis.

Les 100km de Millau 2004


Depuis je suis revenu 3 fois à MILLAU :
- 1997 : 9h22'
- 2003 : 8h43'
- 2005 : 8h16'

Entre temps je m'alignais sur les 100km de BELVES :
-1999 : 9h21'
-2001 : 8h36'

 

Dernier record personnel sur la distance à St. Estève (66):

-2011: 7h57'



Le SPARTATHLON

C'est mon ami Pascal qui me lança sur les routes de Grèce. Marielle, mon épouse, m'accompagna la première année. Quelques mots au sujet de cette course mythique ont suffi à me décider.
Les inscriptions se font sur dossier. Quelque deux cents coureurs du monde entier sont sélectionnés d'après leur palmarès.

La course : 246km entre Athènes et Sparte à courir en moins de 36h. Des pointages éliminatoires tous les 3km, ce qui donne à l'arrivée pas mal d'abandons ou d'éliminations. (Les CP font également ravitaillement).
Que du bitume mis à part une partie sur sentier pour atteindre le point culminant du parcours.

Pourquoi cette course attire ?
Sûrement pas pour son circuit : une quarantaine de kilomètres pour sortir de la circulation quasi incessante.
Mais quelle ambiance ! Pendant une semaine, vous vivez ULTRA vous parlez ULTRA, vous respirez ULTRA… et puis cette arrivée à Sparte à la statue de Léonidas qui vous attend au pied de l'Acropole.

Le Spartathlon 2003

À trois reprises, j'ai pris le départ et à trois reprises j'ai eu le privilège de toucher la statue de l'arrivée :
- 2001 : 33h49
- 2002 : 28h38
- 2003 : 33h01

Jusqu'à présent, je n'ai jamais connu une arrivée aussi émouvante que cette année 2002 où je finissais 7ème au scratch et 1er français. C'est en Grèce que j'ai fait mes premières rencontres avec des personnes « hors normes ».



Le 24 heures

Ma connaissance en la matière est très limitée et pour cause, je n'ai participé qu'à deux « 24 Heures ».
Premier essai à Brive en 2002. Aucun objectif et pourtant 208 Km au compteur.
L'année suivante Brive était retenue pour organiser les championnats de France. Le rendez-vous était pris. Le résultat fut probant : 5e au scratch avec 215 Km.

Les 24h de Brive 2003

Quand il s'agit de tourner en rond pendant 24 heures, il faut une préparation mentale quelque peu spéciale.
Par chance ce parcours-là est des plus agréables et l'équipe de bénévoles est aux petits soins.



L'INTÉGRALE RIQUET

Que rêver de mieux que le Canal du Midi comme fil conducteur pour une course en ligne. Départ aux pieds de la statue de Pierre Paul Riquet (allées Jean Jaurès) à Toulouse pour une arrivée sur l'étang de Thau, soit 240 Km non-stop.
Au départ, l'Intégrale Riquet se courrait en trois étapes, puis après discussion et pour respecter au mieux le pur esprit « ULTRA », le choix de l'ouvrir en non-stop fit l'unanimité... et c'est comme ça qu'un beau matin de juillet 2003, une quarantaine de fondus prirent le départ avec pour seul objectif : le phare des Onglous.
Ravitaillements « liquides » tous les 20 Km et « solides » tous les 60 Km.
Des pointages horaires à respecter pour une arrivée en trente-quatre heures maxi. (Sur le modèle du Spartathlon).
Ne sachant toujours pas freiner ma fougue, je pars bille en tête (moins de 3h au marathon et 8h30 au 100km).
Avec des hauts et des bas, je fais la course en tête jusqu'au kilomètre 202. À ce moment, grosse hypoglycémie. Je reste allongé sous la couverture de survie pendant 1h. Mes deux poursuivants venaient juste de me rejoindre.
Sans l'intervention de mon accompagnateur à vélo, Michel, je me retrouvais dans une ambulance car la scène se passait sur la piste cyclable de Béziers à une heure d'affluence et bon nombre de passants se proposaient d'appeler les secours.
Les ennuis n'étaient pas finis pour autant puisque, sur la dernière écluse, j'empruntais le mauvais côté du canal et c'est là qu'à 5 Km de l'arrivée plutôt que faire demi-tour, je me mis à l'eau pour traverser le canal à la nage.
Je finis au pied du phare en 30h28' en troisième position.

L'intégrale Riquet 2004

La difficulté de l'épreuve fit le tri dans le peloton puisque seulement quatre coureurs franchirent la ligne dans les temps. Deux heures supplémentaires furent accordées afin de pouvoir classer les coureurs ayant passé le dernier pointage dans les temps.

ON NE PERD QUE LES BATAILLES AUXQUELLES ON PARTICIPE.

Courir pendant 240km le long d'un cours d'eau bordé de platanes peut paraître ennuyant, mais j'y ai trouvé une façon de m'évader assez extraordinaire. Seul bémol : le réveil vivifiant de l'eau du canal.



La BADWATER

Il y a quelques années de ça, alors que je parcourais une revue de course à pied, je suis tombé sur un petit article qui faisait état d'une course de furieux : la BADWATER.
Le projet semblait innaxccessible rien qu'à l'idée du budget nécessaire à sa réalisation... parfois, il suffit de s'en donner les moyens.
En effet, à deux reprises je foulais le sol de la Death Valley.
Le sujet n'est pas des plus simples : course en ligne de 217 Km entre Badwater (-85 m sous le niveau de la mer) et les portes du mont MC Whitney.
Pour réaliser ce challenge, il faut traverser la Vallée de la Mort avec des températures dépassant les 50°c à l'ombre, gravir trois cols équivalant à 4500 m de dénivelé positif et cela sans aucun ravitaillement sur le parcours. Délais : 60 heures.
Pour cette raison, chaque coureur a pour obligation d'être assisté par, au minimum, deux personnes et un véhicule. C'est là que la quête aux sponsors commence. Sans eux, pas de course.

Badwater 2005

L'édition 2005 me fit prendre conscience de certaines choses. Au bout de cinquante kilomètres, j'étais anéanti, plus de jambes, la tête me tournait, des vomissements, la totale quoi. Le staff médical m'a arrêté durant trois heures. Il m'a fallu manger puis beaucoup boire pour pouvoir repartir. Pendant ce temps, le chrono filait.
Quand je repris la route le mal était fait et l'acide lactique fut long à éliminer.
L'idée d'abandonner m'a même traversé l'esprit. Mais ce n'était pas sans compter sur le soutien infatigable de mon équipe.
Marielle (mon épouse) et Pascal (mon coach) furent un atout important dans mes réussites.
À mon retour en course, j'étais bon dernier mais encore en piste. Toujours dans les délais, je remontais au classement après un sursaut d'orgueil puis j'assurais pour arriver dans les temps.

Badwater 2006

Après tant d'erreurs et de souffrances, beaucoup de choses étaient à corriger et c'est avec un gros mental que nous priment à nouveau le chemin de la Californie en 2006.
Cette fois-ci, pas d'approximations. Tenues, ravitaillements, et autres avaient été préparés avec soins. Mon premier ravitaillement, je le prends sur la ligne de départ.
Ensuite tous les demi-miles Marielle et Pascal vont se relayer pour me mouiller à l'aide de pulvérisateurs et me donner par alternance liquide et solide à avaler.
Tous les vingt-cinq kilomètres, je me plongeais dans une énorme glacière afin de faire baisser ma température corporelle, et ce, afin d'éviter l'hyperthermie.
Vers le 150ème Km, Pascal se mit à courir à mes côtés jusqu'à Lone Pine, dernier répit avant l'ascension qui mène à l'arrivée.
Résultat : quatorze heures de mieux, une sixième place au général et 1er européen.

C'est une course d'équipe qu'il faut mener de bout en bout. Que dire de plus ? Si ce n'est que cette vallée est magique. La chaleur y est écrasante, même la nuit.
Ce calme, cette impression d'immensité, tout est fait pour nous signifier combien nous sommes petits.
La route est longue, mais le jeu en vaut la chandelle. De toutes les courses auxquelles j'ai participé jusqu'à présent, celle-ci m'a ouvert les yeux sur les beautés dont recèle notre planète et sur la fragilité d'un écosystème.



La SAKURA-MICHI

Le Spartathlon Japonais, comme on aime l'appeler, mais c'est avant tout la course des cerisiers. En effet, les Japonais vouent un culte aux cerisiers en fleurs et la date de la course correspond, à quelque chose près, à leur floraison. 250 Km en ligne pour traverser l'île, de Nagoya à Kanazawa. Peu de pointages éliminatoires mais quand même un temps limite de 36 heures.
Des ravitaillements tous les cinq kilomètres en moyenne, tenus par une foule de bénévoles d'une gentillesse incroyable.
Une chose est sûre, les gens qui encadrent la course n'ont qu'un soucis en tête, nous amener à l'arrivée.
Le Japon, dès notre arrivée, en impose par le calme et la discipline de ses habitants. Et sur la course, le respect et l'humilité seront nos hôtes jusqu'à l'arrivée.

Comme toutes ces courses, la sélection se fait sur dossier. Une fois arrivés à Nagoya, nous nous rendons sur le lieu de notre hébergement où nous accueille le maître en la demeure : M. Hiroshi Ogho, membre du comité d'organisation.
Seulement une vingtaine d'étrangers sont sélectionnés pour cette course et, les jours précédant l'épreuve, tous logent chez M.Ogho, à la Japonaise. Inutile de vous dire combien l'hospitalité de cette famille fut touchante. Tout est organisé pour que nous passions nos journées sans souci jusqu'au top départ. C'est un des rares pays où l'alimentation quotidienne est en harmonie avec la pratique de l'ultra.

La Sakura-Michi 2007

Le tracé ainsi que le déroulement de la course ressemblent pour beaucoup au Spartathlon.
Il faut venir à bout des soixantes premiers Km pour enfin sortir de la ville et de ses trottoirs. L'arrêt aux feux est obligatoire même pour les coureurs, la circulation n'est pas un réel problème car les automobilistes sont très respectueux, ils ont une autre conception des choses là-bas.
Tout au long de la route nous ne pouvons que constater la propreté de notre environnement.
Par contre, l'arrivée est assez triste malgré la présence de tous ces cerisiers en fleurs.
Une remise des prix très protocolaire avec la remise du somptueux trophée en bois de cerisier gravé.

Ce voyage laissera la plupart d'entre nous admiratifs devant la façon de vivre de ce peuple, leurs coutumes, leur humilité et le respect dont ils font preuve pour la moindre des choses.